Outils de pêche passifs et sélectifs



Maquette de chalutier
du Musée de la pêche
de Concarneau


Ce projet est une recherche autour de techniques de pêche plus légères et respectueuses de la biodiversité marine.

Aujourd’hui, le chalut est une des techniques de pêche les plus utilisées mais aussi une des plus problématiques.
















Le chalut est en un grand filet lesté, qui va tout capturer et complètement détruire les fonds marins sur son passage.

Cette technique pêche toutes les tailles et toutes les espèces même celles que l’on ne consomme pas. Cela engendre donc des captures accidentelles aussi bien de dauphins que de poissons juvéniles mettant en danger la reproduction des espèces.

La violence causée par cette capture massive détruit jusqu’à 50% des poissons pris dans les filets, les rendant non-commercialisables.










📸 Barmay Charles (criée du Port Navalo, Musée de bretagne)


Le projet se positionne à l’échelle de la petite pêche (à la journée), dans un contexte de post-chalut, où cette pêche est interdite pour des raisons écologiques. Ici, chaque pêcheur possède des outils de pêche spécifique destinés à une espèce.

Nous travaillons sur plusieurs outils de pêche passifs et sélectifs.
Passif : un outil qui se pose sur les fonds marins, ne gêne pas la biodiversité, et prend place comme un piège-abri.
Sélectif : un outil adapté seulement pour une espèce, voir une taille spécifique d’espèce (adulte).


























Ce projet développe des solutions pour trois espèces différentes :

- le pot à poulpe :  un outil existant très utilisé mais avec des pistes d’amélioration

- la nasse pour le congre : un outil peu utilisé pour cette espèce

- la nasse pour la sole : une solution expérimentale de nasse pour les poissons plats










1. LE POULPE



Nous découvrons la pêche du poulpe au pot, qui est encore plus ingénieuse que la nasse puisqu’il n’y a pas d’appât, le pot est vu comme un abri par le poulpe où il vient se reposer. Quand la filière remonte il ne cherche pas la fuite et se ventouse sur les parois. Si le poulpe remonté est trop petit, il y a la possibilité de le rejeter tout de suite à l’eau, vivant.


La technique fonctionne et est répandue mais nous relèvons des améliorations possible : les pots sont produit en plastique puis ensuite lestés avec du ciment. Ces petits objets se perdent beaucoup lors de tempête et le plastique finit dans l’océan.













📸 Lucien Icard
Autre constat, le poulpe pond ses oeufs dans les pots et la pêche le dérange lors de cette période charnière de reproduction. Et enfin lorsque l’on relève les pots les pêcheurs utilisent un liquide toxique pour déloger le poulpe de son pot.

Le pot ainsi dessiné permet d’expulser le poulpe facilement grâce à une partie souple, tout en gardant des matériaux capable de se dissoudre dans l’eau : de la chaux et du sable avec fibre de lin pour le pot et la partie souple en lin. Nous repensons le système de filière avec une attache mousqueton pour détacher facilement un pot afin ne plus déranger les oeufs jusqu’à éclosion.









2. LE CONGRE




Le congre peut se pêcher à la nasse avec appât. Il a pour habitude de se cacher dans les rochers où il chasse à l’affut, nous voyons un potentiel à le pêcher comme le poulpe dans un abri individuel sans appât en fonction de ce comportement de chasseur camouflé.

Le maillage du piège en coton va rapidement être recouvert d’algues et prendre place comme un rocher au fond de l’eau. La structure en châtaignier vient mettre en forme le textile, matériau historiquement utilisé pour les nasses et casiers en Bretagne. La sélectivité du piège est permise par la taille de l’ouverture, seuls les congres peuvent entrer.








📸 Lucien Icard











3. LA SOLE




Aujourd’hui il n’existe pas encore d’alternative sélective pour la sole, issus de la famille des poissons plats.

Ces poissons ont une manière spécifique de se déplacer : ils ondulent pour se déplacer et ne quitte jamais le sol qui les guide.

Nous imaginons alors une technique de pêche assez expérimentale, une toile mène la sole sur une pente douce vers une nasse appâtée. Le bon fonctionnement de cette technique se situe dans le déploiement de la toile pour être le plus raccord avec les fonds marins.

La sélectivité de ces poissons plats opère par l’espacement entre les lames de châtaigniers, pour limiter l’entrée à ces espèces.

Ces toiles se plient et sont amovibles pour faciliter le stockage dans le bateau.














📸 Lucien Icard